Historique

Niveau fédéral

Le parti conservateur est le grand battu de la guerre du Sonderbund, y compris à Fribourg (1847). Il s’oppose vainement à la Constitution de 1848 et à sa révision en 1874.
Il joue alors le jeu de l’opposition parlementaire au Conseil national et au Conseil des Etats. Il peine à faire passer ses idées sauf lorsque le Grand Vieux Parti radical se divise et que ses sections romandes font dissidence (révision de la constitution de 1872 qui échoue) et se joigne à lui par fédéralisme. Le parti conservateur entre au Conseil fédéral en 1891, avec Joseph Zemp (Lucerne), un geste d’ouverture des radicaux, inquiétés par la montée des socialistes.
Les conservateurs ne s’organisent au niveau suisse qu’en 1912, soit après le PSS (1888) et le PRD (1894). Ils obtiennent un deuxième siège au gouvernement avec Musy en 1919, vu leur loyauté aux institutions lors de la grève générale de novembre 1918.
Le parti conservateur pousse à la création de la « formule magique » en 1959 en faisant entrer deux socialistes au Conseil fédéral aux côtés de deux PRD, deux conservateurs et un PAI (UDC en 1971). Le parti conservateur, jusqu’alors replié dans ses bastions cantonaux catholiques, prend un autre couleur après Vatican II et devient un parti centriste sous le nom de PDC en 1970.
Il garde deux sièges au Conseil fédéral jusqu’en 2003, puis un seul depuis cette date.

Niveau cantonal

Le régime radical (1848-1856) s’attire l’impopularité de la population et l’hostilité des éléments conservateurs et libéraux de la population fribourgeoise. Les libéraux-conservateurs forment un parti qui gagne les élections au Grand Conseil de 1857. Le parlement élit sept membres de la coalition au Conseil d’Etat, avec comme chef Hubert Charles. Cette coalition dure jusqu’en 1881. Les libéraux, inquiets de la montée d’une tendance de plus en plus ultramontaine chez les conservateurs, fondent leur propre journal Le Bien Public qui devient un troisième parti souvent allié aux radicaux. Les conservateurs l’emportent aux élections de 1881 et fondent une « République chrétienne » dont le chef est bientôt Georges Python.
Les conservateurs laissent un siège au Conseil d’Etat aux radicaux (Victor Buchs) dès 1916. Les radicaux en conquièrent un second avec Glasson en 1946, Joseph Piller étant évincé par le peuple. Les conservateurs regagnent leur cinquième siège en 1951 pour le reperdre face aux agrariens en 1952. Les cinq sièges conservateurs sont mis en péril lors d’une élection partielle en 1966 : le radical Paul Genoud bat le conservateur Morard. Les conservateurs gardent leurs quatre sièges de 1966 à 1981. Ils deviennent le PDC cantonal en 1970. Ils
perdent leur aile chrétienne-sociale romande en 1966 et leur majorité au Grand Conseil. Ils perdent leur aile chrétienne-sociale singinoise en 1981.
Devant le recul du nombre de leurs députés, les instances dirigeantes du PDC font passer à l’AD à Tavel l’idée d’une proportionnelle de fait au Conseil d’Etat : trois sièges revendiqués. C’est « l’esprit de Tavel » qui nous a permis de garder nos trois sièges (1981-2011). Il est intéressant de comparer cette attitude responsable à celle des radicaux genevois qui ont tenté de garder leur hégémonie et ont …UN siège au Conseil d’Etat !

Niveau communal

La situation des conservateurs au 19ème siècle y est longtemps difficile car les radicaux sont forts dans la capitale et, dès 1881, ils peuvent compter sur l’appui des libéraux du Bien Public, dont l’ancien chancelier d’Etat Louis Bourgknecht, évincé par les conservateurs extrêmes. L’Etat nomme alors le Syndic et les conservateurs Louis Chollet et Paul Aeby (beau frère de Georges Python et père de Pierre Aeby) sont minoritaires voire totalement isolés au sein du Conseil communal.
L’Etat laisse en 1894 les Conseils communaux élire leur Syndic. En 1895, les radicaux et libéraux du Bien Public élisent Louis Bourgknecht à la syndicature (1895-1903). Les conservateurs entreprennent une reconquête du pouvoir et font passer cinq conseillers sur neuf dès 1903. Les conservateurs Ernest Weck (1903-1919), Romain Weck (1919-1922), Pierre Aeby (1922-1938), Ernest Lorson (1938-1950), Jean Bourgknecht (1950-1959) et Max Aebischer (1959-1966) se succèdent.
Les conservateurs perdent leur majorité en 1966 avec la dissidence des chrétiens-sociaux. Le PRD et le PS s’allient et nomment Lucien Nussbaumer (1966-1982) comme syndic. Le PDC tombent même de quatre à trois sièges en 1978. Il entreprend une reconquête de l’opinion publique et regagne un quatrième siège en 1982 et la syndicature grâce à la voix des élus radicaux. Claude Schorderet (1982-1994) et Dominique de Buman (1994-2004) se succèdent. On passe à cinq permanents en 2001. Jean Bourgknecht (arrière-arrière petit-fils de Louis et petit-fils de Jean, Conseiller fédéral) est syndic de 2004 à 2006. En 2006, la majorité formée de deux PDC et un PRD tombe, le radical Masset perdant son siège face à l’alliance PCS-Verts-Ouverture.
2011 verra s’affronter une alliance de gauche électorale qui va s’assurer trois sièges face au PDC, PRD, UDC qui partent séparés dans la lutte. Le PBD et les Verts libéraux présenteront-ils une liste ? Le PDC doit tenter de gagner les voix centristes des Verts libéraux et des anciens du mouvement « Ouverture ».

Fribourg, le 9 septembre 2010
JP Dorand, docteur ès lettres

Commentaires

  1. Pingback: Histoire du PDC |

  2. De: Sophie F.|11/09/2010 - 17:06

    Le constat est clair : l’érosion constante du PDC, faute aussi au conservatisme religieux

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Spam Protection by WP-SpamFree